Décidément, le dominicain Pierre-André Liégé (1921 - 1978) dont la route (
)a croisé plusieurs fois celle des Scouts de France mérite bien qu’on s’y intéresse un peu !
On connaît (pas assez, me dis-je) le théologien, souvent précurseur dans les années 50, à la fois imaginatif et combatif mais surtout fidèle à une démarche de foi fondée sur le Christ, attaché à une ecclésiologie de "communion" bien avant Vatican II et probablement l’un des fondateurs de la "Théologie Pastorale" moderne :
- Professeur de Théologie Pastorale, à partir de 1950, à l’Institut Catholique de Paris
- Professeur aux Universités de Montréal et de Québec, à partir de 1960
- "assimilé aux experts" de Vatican II par Jean XXIII
- Prieur du Couvent St Jacques (dominicains), de 1967 à 1970
- "Définiteur Général" au Chapître Général des dominicains, en 1971
- Doyen de l’UER de Théologie et de Sciences Religieuses de l’Institut Catholique de Paris, de 1970 à sa mort (9/2/1979)
- Membre fondateur de ce qui est devenu l’Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique (dans les années 1950 - 51) de l’Institut Catholique de Paris
- Membre fondateur du Cycle C (formation théologique universitaire des laïcs) de la Faculté de Théologie de l’Institut Catholique de Paris. Notez qu’il a aussi fortement contribué à la création du CETAD (Centre d’Enseignement théologique à Distance) et de la Collection "Croire et comprendre".
Dans le milieu du scoutisme, on le connaîtrait un peu mieux (peut-être pas toujours pour des raisons bien ajustées à son envergure intellectuelle et humaine) :
- ancien Routier lui-même (avant la Seconde Guerre Mondiale), entre 1947 et 1949, prenant alors la succession du Père DONCOEUR s.j., il est l’Aumônier d’un Clan Routier qui avait connu une certaine notoriété (le "Clan des Rois Mages", à l’Ecole Polytechnique)(Cf. : Pierre SCHAEFFER, "Les Enfants de Chœur", Ed. Seuil, 195 ?, mais aussi : "Albert-Marie BESNARD, frère précheur" in : La vie spirituelle, n° 627 - 28) :
- comme Aumônier National de la Branche Route (de nov. 1951 à 9 mai 1957), il fait partie de l’Equipe Nationale Route (dont le Commissaire était Paul Rendu) qui a collectivement démissionné à la suite d’une crise profonde qui aura secoué les SDF (mais aussi la JEC , l’UNEF ou l’ACJF ), autour de la révélation de la torture en Agérie (et du PB général de la (dé)colonisation, dans la deuxième moitié des années 50). Du côté des SDF , c’est l’allusion, dans la revue La Route, aux lettres, publiées dans "Témoignage Chrétien", de Jean MULLER (ce jeune membre de l’ENR tué en Algérie en 1956 qui se révèle choqué par ce qu’il côtoie ou entend) qui aura mis les feux aux poudres, notamment au QG des SDF … Lors du Centenaire du scoutisme, en 1907, cinquante ans auront passé : peut-être y aurait-il lieu de réévaluer à nouveaux frais les positions antagonistes des uns et des autres, chez les scouts mais aussi dans l’Eglise Catholique …
- il faudrait également faire mention de son compagnonnage avec le Mouvement "La Vie Nouvelle", animé par André CRUIZIAT, un ancien responsable de la Branche Route des années 30. (Je cherche d’ailleurs des écrits et des témoignages sur cet aspect des engagements du P. Liégé …).
Dans les éloges, nuancés quoique élogieux, adressés à la mémoire du Père Liégé (voir, par exemple : "Pierre-André Liégé, témoin de Jésus-Christ", Cerf, 1980), Paul RENDU, l’ancien Commissaire de la Route SDF a pu écrire :
"Certains ont peut-être pensé que l’intelligence et la culture de l’ancien étudiant de Tübingen ne trouvaient pas leur plein emploi dans l’aumônerie d’un mouvement où le débat intellectuel tenait moins de place que la marche ou les activités socio-culturelles.
(…)
Je crois cependant qu’il était particulièrement à l’aise à la Route et je rends hommage au discernement de ceux qui ont compris quelles affinités profondes existaient entre sa spiritualité et celle du mouvement."
Il me semble pour ma part que cet homme de haute culture, à la foi communicative mais exigeante, mérite mieux qu’une place anecdotique dans nos mémoires défaillantes : il faudrait pouvoir aussi le rencontrer dans les écrits qu’il nous a laissé, comme théologien et/ou comme responsable scout (tiens, en consultant la bibliographie, non exhaustive, reprise dans l’ouvrage d’hommages de 1980, je constate qu’il aura produit près d’une cinquantaine de publications, alors même qu’il était Aumônier National de la Route, de 1951 à 1957. Bon, c’est vrai, ceux qui le fréquentaient soulignaient souvent qu’il ne dormait que très très peu …
Pour aller plus loin, il faudrait encore pouvoir accéder à un certain nombre de textes (consultables sur ScoutunJour ???). Ainsi :
a) je recherche les Numéros de "La Route" suivants :
déc 51 ; mars 52 ; mai 52 ; juin 52 ; sept-oct 54 ; nov 55 ; avril 56 ; juin 56 ; nov 56 ; janv 57 ; mai 57
b) existerait-il des témoignages (voire des témoins directs) des camps-écoles suivants :
- Août 55, dans le Jura, où aurait participé Jean MULLER, juste avant d’entrer à l’EN Route ?
- Juin 56 (ou Juillet ?), en Provence ?
c) six textes du P. Liégé produits alors qu’il était Au Nat de la Branche Route :
- "Mystère pascal et pédagogoe chrétienne", in : L’aumônier scout, n°18, 1953
- "Exigences d’une catéchèse chrétienne", in : L’aumônier scout, n°22-23, 1954
- "Découverte du mystère de l’Eglise à la Route", in : L’aumônier scout, n°28-29, 1955
- "Grandes lignes d’une pédagogie du mystère de l’Eglise", in : Les Cahiers des aumôniers scouts (Bruxelles), oct. 1955
- "Sens évangélique du péché", in : L’aumônier scout, n°26, 1955
- "Scoutisme et Politique", in : Le Chef, 1956 (c’est sur ScoutUnjour !?!)
d) Je cherche, enfin, un texte scout postérieur :
"Jeunesse DE l’Eglise, Jeunesse DANS l’Eglise", in : Le Chef, Août-Sept 1961.
Merci par avance pour vos informations.
D’ici là : Bons Camps et/ou Bonnes Vacances !
jmv
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