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Les groupes marins SDF de Paris depuis la Seconde Guerre mondiale

jeudi 14 janvier 2010 , par Antoine Chataignon

Article paru dans "Scoutisme et collection" n° 96 de juillet 2009 avec le concours du Frère Yves Combeau, op, que l’auteur remercie.

Si vous aimez les généalogies compliquées, ces lignes sont écrites pour vous.

Quand le 15 août 1944, les cloches sonnent la libération de Paris, l’interdiction de pratiquer le scoutisme qui s’exerçait depuis quatre ans prend fin.

Deux groupes marins naissent dès 1945 : Charcot, 1re marine, et Jean Bart, 2e marine. Les scouts marins parisiens portent désormais un numéro de série qui leur est propre.

En 1953, les deux groupes fusionnent en un seul qui conserve le nom de Charcot, et qui donne naissance à une troisième troupe, la 3e Paris en 1954.

Devenu très important, le groupe se scinde en deux en 1957. La 1re et la 3e constituent le groupe Amyot d’Inville, tandis que la 2e conserve le nom de Charcot qui appartenait initialement à la 1re.

 Amyot d’Inville

En 1959, le groupe Amyot donne à nouveau naissance à une troupe qui prend le numéro de 7e. La 1re fusionnera dans la 3e en 1973 après avoir indirectement donné naissance à la 1re marine Neuilly des SUF   en 1972. Le groupe Amyot d’Inville semble toujours exister aujourd’hui.

 Charcot

La 2e donne naissance à une 4e marine en 1958, et probablement à une éphémère 6e à peu près en même temps. Curieusement, on retrouve la 7e au groupe Charcot à partir de 1966, alors qu’elle était encore au groupe Amyot en 1961. La 2e Paris apparaît sous le nom de 2e Neuilly à partir de 1970, mais on n’entend plus citer les trois troupes du groupe à partir de 1972. En revanche, une troupe surgit à peu près en même temps à Courbevoie, qui est leur continuation. Cette troupe est d’ailleurs répertoriée comme 2/4/7 en 1986 et 1987, mais elle disparaît sans doute en 2006. Le groupe Charcot n’existe donc plus.

 Jacques Cartier et Dumont d’Urville

Il existe une autre origine à l’extension du scoutisme marin dans la capitale. En 1959, alors que la France commence à quitter l’Afrique du Nord, des anciens de la 10e-12e Casablanca reconstituent à Paris une troupe 5e marine, groupe Jacques Cartier. La troupe se dédouble pour donner naissance au sein du même groupe à la 6e (différente de celle citée quelques lignes plus haut) en 1964/1965.
Elle semble aussi essaimer dans la banlieue (Boulogne-Billancourt, Epinay-sur-Seine).
La 5e cesse son activité en 1970 tandis que la 6e poursuit sa route. En 1982, la 6e se dédouble à son tour et donne naissance à une autre 5e marine, groupe Dumont d’Urville. En 1993, la 6e crée au sein du groupe une unité féminine, la 8e Marine, à partir de son équipage de filles nommé « Jeanne Barret ». La 5e et la 6e fusionnent provisoirement de 2002 à 2004 avant de retrouver leur indépendance en 2005. La 8e semble disparaître l’année suivante.

Enfin, on aura vu apparaître deux années de suite, en 1985 et 1986, une fugace 32e marine Paris sans qu’on sache d’où vient cette comète (la 32e Paris était jusqu’aux années 50 la troupe de St-Jacques-St-Christophe de la Villette).

Si vous avez eu du mal à suivre, avalez un cachet d’aspirine, et reprenez au début !

P.-S.

Antoine Chataignon, "Narval", est l’auteur d’une histoire des scouts marins à paraître en 2010.

8 Messages de forum

  • "Enfin, on aura vu apparaître deux années de suite, en 1985 et 1986, une fugace 32emarine Paris sans qu’on sache d’où vient cette comète (la 32eParis était jusqu’aux années 50 la troupe de St-Jacques-St-Christophe de la Villette)." Sauf erreur de ma part c’était en 1983 …. Nous avons fait un camp à Saint Pôl de Léon en Aout. Il serait peut-être intéressant de contacter Olivier Bajard qui était le chef d’unité.

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  • Les groupes marins SDF de Paris depuis la Seconde Guerre mondiale 18 janvier 00:43, par Gérard Fénelon, ancien Secrétaire du Groupe Jacques Cartier

    Bonjour

    je trouve dommage d’avoir totalement passé sous silence la tranche d’age 12-14 ans (les Mousses) qui représente la moitié des effectifs. Il faudrait aussi parler des Compagnons mais ceux-ci ont eu une existence sporadique et des effectifs faibles, ce qui les rend plus difficile à suivre. Le Groupe Jacques Cartier a également des Moussaillons depuis l’année 2007-2008.

    D’autre part, depuis assez longtemps, les Scouts de France parlent de Flottille de Marins (composée d’Équipages) et d’Équipage de Mousses (composé de Bordées). Ces termes sont ceux utilisés dans Balises, livre paru en 1983. Dans les archives du Groupe Jacques Cartier, on trouve le terme de Flottille en 1969 (mais on parle dans le même document de "Sortie de Troupe"). En 1981, le Groupe y est dit être composé d’un Équipage de Mousses et d’une Troupe de Marins, puis en 1982, d’un Equipage de Mousses et d’une Flottille de Marins. Depuis 2007, les Scouts et Guides de France parlent de Tribu de Mousses composée d’Équipages. Les Marins n’ont pas changé : on parle toujours d’une Flottille composée d’Équipages. (on est bon pour une deuxième aspirine)

    Je pense également qu’il faudrait évoquer les fortes personnalités qui ont fondés ces groupes (Jean Scala pour Amyot d’Inville, un prêtre dont j’ai oublié le nom pour Charcot), ainsi que leur errance géographique à travers Paris, la seconde étant peut-être liée aux premières.

    Pour bien faire, il faudrait de plus évoquer les bateaux et la formation marine, sujets qui consomment beaucoup d’énergie au sein des groupes marins. Les groupes parisiens ont d’ailleurs eu des approches assez différentes de ces sujets.

    Un petit peu hors sujet, il a existé dans les années 1980 des Groupes Marins à Verneuil sur Seine, Herblay (Groupe du Parisis), Draveil (Groupe Jean de Vienne), Courbevoie (cité dans l’Agenda Marin de 1985), 3° St-Denis – Cdt Cousteau (idem), ainsi que successivement 2 bases nautiques régionales à Ris-Orangis, puis à Verneuil.

    Amicalement

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    • Comme l’indiquait le chapeau de l’article, celui-ci n’avait pas pour objet de retracer l’histoire des scouts marins de Paris, mais simplement de suivre leur "généalogie" qui est un vrai sac de noeud à démêler.

      Je n’ignore pas la réforme "mousses/marins" de 1962. L’objet de l’étude étant d’assurer la filiation de toutes les troupes apparues depuis la seconde guerre mondiale, et compte tenu de la difficulté à "tracer" les unités de mousses, j’ai conservé l’appellation initiale en considérant arbitrairement qu’un équipage et une flottille correspondaient à une ancienne troupe. Je n’ai pas non plus suivi la filiation clan/communauté/compagnons. Libre à qui veut d’affiner ce travail !

      Mon livre à paraître traite des autres sujets abordés qui n’entraient pas dans le cadre de cet article : personnalités, réforme pédagogique, embarcations, formation, bases nautiques, unités de la région parisienne et de province, et encore beaucoup d’autres choses en France et à l’étranger (publicité gratuite).

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    • Bonjour, Je suis chef mousse dans le groupe marin de cormeilles-en-parisis qui était historiquement à Herblay (il y a environ 20 ans).

      Ici, vous parlez des groupes de marins de paris et d’ailleurs vous connaissez beaucoup d’informations sur le sujet. C’est bien d’avoir cet historique !

      Je voudrai donc savoir si, par-hasard, vous auriez des informations sur le groupe marin du parisis (seul groupe marin du val d’oise) ?

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      • Herblay présente la particularité d’avoir accueilli des activités des premiers scouts marins, qu’il s’agisse des EUF de Neuilly en 1923 ou des SDF   de Paris qui ont pu y installer une base nautique pour quelques années à partir de 1928. En ce qui concerne les unités locales, mes relevés montrent l’existence de l’une d’elles à Herblay de 1972 à 1994 environ, avec probablement des périodes d’interruption. On repère aussi une unité à Cormeilles-en-Paris de 2005 à 2008. S’agit-il du même groupe qui aurait changé de siège ?

        Pour en savoir plus sur les scouts marins, voir le lien ci-dessous ;-)

        Voir en ligne : Scouts marins, parés ! Histoire des scouts marins.

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        • Exactement, les marins du parisis étaient au départ à Herblay.Toutefois, cette unité s’est déplacée vers les années 90 vers Cormeilles-en-Parisis !

          Je savais que le groupe Marin du parisis s’était crée par "scission" du groupe d’Herblay mais je n’avais pas de date précise, je savais juste que s’était au début des années 90.

          Avec l’information que vous m’apportez, j’ai plus de détails !

          Merci bien ! Mes amitiés Scoutes !

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  • Bonjour, Je pensais naïvement que le qualificatif de "marine" était réservé aux groupes naviguant sur l’eau salée (mer, océan) et que les groupes ayant une activité en eau douce (lac, rivière) portaient un autre nom : nautique, je crois me souvenir.. Pouvez-vous éclairer ma lanterne ? Merci. Pierre PS : je profite de ce message pour signaler à nouveau l’existence d’un Réseau qui s’est donné pour mission la sauvegarde de la mémoire du Scoutisme français. Un lien vers une page donnant toutes les explications nécessaires est donné ici. Amitiés à tous

    Voir en ligne : Réseau Baden Powell

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    • De nombreuses associations scoutes étrangères distinguent mal scoutisme nautique et scoutisme marin. En France où l’on aime les idées claires, on a nettement différencié le scoutisme marin du nautisme dès les années 1920 ou 1930, même si on a pu observer un affaiblissement du concept dans certaines associations ou à certaines époques. Les scouts marins ont donc vocation à naviguer sur des embarcations pouvant embarquer un équipage d’environ huit personnes au complet. Ce fait ne fait pas obstacle à l’existence de troupes marines dans les terres - c’est d’ailleurs là que les premières sont apparues en France - pour peu qu’elles profitent de toutes les occasions, et notamment des camps, pour naviguer réellement.

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