bandeau d'entête
Accueil du site  > Les Services  > L’Extension, l’Arc-en-Ciel  > Scoutisme d’extension

Scoutisme d’extension

mercredi 3 mars 2004 , par Jean-Jacques Gauthé

Il n’existe aucun travail de fond sur la branche Extension des Scouts de France ou dans d’autres associations. Voilà un beau sujet de maîtrise d’histoire. Quelques jalons à ce sujet. Ils sont épars et incomplets et ne concernent quasiment que les handicapés physiques ou sensoriels.

La branche Extension des Scouts de France apparaît en 1927 à l’initiative de chefs de la 9° Lille, troupe du père Sevin, l’un des fondateurs de cette association. Les unités sont fondées à Berck (Pas-de-Calais) dans les sanatoria où à l’époque, de nombreux jeunes vivent allongés en permanence, victimes de maladie des os. Le père Sevin écrit une chanson sur eux « La voix des allongés » dès 1927 qu’il dédit à ses assistants Alfred Marchand et André Noel, chefs de la 9 ° Lille, fondateur de la branche Extension des Scouts de France. (« Les chansons des Scouts de France », ed 1947, p 64). L’annuaire 1930 des SDF   signale 2 troupes à Berck (1° et 2)) et une meute d louveteaux 3° (Berck). La 1° a son local à l’hôpital hélio-marin qui existe toujours. Une quatrième troupe existe. Il s’agit d’une troupe par correspondance, la troupe Saint Paul dont le chef est à Cambrai (Nord). Le système des cahiers tournants rempli par chaque scout sera souvent employé.

Les circonstances exactes de cette création ne sont pas connues. Au-delà des légendes, on peut remarquer que c’est à peu près au même moment que se crée ce qui va devenir l’Association des paralysés de France (APF) qui apparaît en 1933 avec un système de cahiers tournants. Chez les Guides de France, une branche Extension apparaît en 1932. Le premier camp extension de guides a lieu en 1938 aux Houches en Savoie.

L’une des toutes premières thèses consacrée au scoutisme, la thèse de médecine de Pierre-Robert Warcollier soutenue en 1940 « Rôle social du scoutisme par ses procédés physio-psychologiques d’éducation de jeunes » fait le point des implantations des troupes d’extension en omettant curieusement les troupes SDF  . Une troupe Eclaireurs unionistes à Berck, une à Leysin (Suisse, sanatorium). Les Eclaireurs de France ont une troupe au préventorium de Chavaniac-Lafayette (Haute-Loire) et à l’Institut des jeunes aveugles d’Illzach (Haut-Rhin), les guides de France deux compagnies à Berck et une ronde de jeannettes dans un préventorium de Provence, la Fédération française des éclaireuses une section à Berck, deux à Paris (hôpital Hérold et Enfants malades) une à Brévannes (certainement un sana. actuellement dans le Val de Marne), une au Roc de Fiz (sana du plateau d’Assy en Haute-Savoie), une section d’aveugles et un groupe d’enfants attardés, selon le langage de l’époque.

Les troupes sont généralement constituées par type de handicaps (polio, aveugles, sourds-muets, allongés, pulmonaires) et souvent organisé au sein d’établissements : hôpitaux, sanatoria. En 1957, au jamboree du Canada, une délégation des SDF   sera composée de polio, de sourds-muets et d’aveugles. En 1960, les SDF   auraient eu 2500 garçons et 450 chefs dans 120 unités Extension et les Guides de France1000 (Jean Peyrade, « Scouts et guides de France », ed Fayard, 1961, p 184-185) ;

En 1956, les SDF   et GDF   vont lancer l’Association nationale des amis de l’extension (ANAE) qui existe toujours afin de proposer des vacances de qualité aux handicapés physiques ou mentaux. Son site Internet : http://www.anae.asso.fr.

Les essais de scoutisme pour handicapés mentaux ont aussi existé. Mais ils sont encore plus mal connus que ceux pour handicapés physiques ou sensoriels. Le groupe d’enfants attardés de la FFE en 1940 en est manifestement un essai.

Un nom doit être signalé dans cette fiche sur l’Extension, celui de Jacques Astruc, commissaire des Scouts de France décédé en 1959 qui y consacra une longue partie de sa vie. Il est le fondateur en 1955 de L’Arc en ciel, bulletin de liaison des éducateurs Scouts de France au service de l’enfance inadaptée.

Avec l’évolution des structures accueillant des handicapés marqués par la fin de nombreux internats et l’évolution du regard sur le handicap, les troupes spécialisées disparaissant progressivement dans les années 60.

P.-S.

Extrait du forum de l’Association 1907, avec l’autorisation de l’auteur.

9 Messages de forum

  • Scoutisme d’extension 7 mars 2011 18:32, par Michel Bloch-Lemoine

    J’ai déjà signalé sur ce site, il y a quelques années, l’erreur qui consiste à confondre de cette façon la Branche Extension des SdF   et l’Arc en Ciel. Les informations que je donne ici sont valables surtout pour la période 1950 - 1960 ; j’ai été permanent au Quartier Général des SdF   en 1952, 1953 et 1954, en qualité d’assistant de Jacques Astruc, qui était lui-même assistant du Commissaire Général (Georges Gauthier auquel succéda Michel Rigal). La Branche Extension a regroupé des garçons malades, atteints de handicaps physiques (mal-entendants, mal-voyants, polyo, myopathes, etc..), et quelques beaucoup plus rares handicapés mentaux. Il y a toujours eu, à cette époque, un Commissaire national chargé de l’Extension, permanent au Quartier Général : dans l’ordre chronologique pour l’époque : Jean Gouzi, Jean Muriel, François Girard-Buttoz, Yvon de Billy. Jacques Astruc, au retour du Quartier Général établi à Lyon durant l’occupation, n’a jamais eu de responsabilités directes dans la Branche Extension.

    Il était à cette époque au QG  , 45 Boulevard de Montmorency , puis Rue Georges-Picot, et enfin Rue de Dantzig, en charge des fonctions suivantes : a) Documentation et Propagande du Mouvement (notamment par les films, la Radio (avec Roland Dhordain et Péricard) les publications (Signe de Piste), des revues comme celle des Anciens et des Amis des Scouts et des Guides, des liens avec des organismes publics et privés de jeunesse, etc ... b) responsabilité des SdF   à Lourdes : accueil des jeunes,initiation au service des malades durant les pélerinages, gestion du Camp international où l’on accueillait même le Pélerinage militaire, et animation du Clan des Hospitaliers Notre-Dame, composé de Routiers et de Chefs de toutes nationalités engagés de façon un peu durable dans le service des malades à Lourdes, en lien avec le Feu Notre-Dame de Lourdes (animé par Marie-Jacqueline de Cools, membre de l’équipe nationale du louvetisme) qui regroupait Cheftaines de louveteaux et de Guides et Guides ainées ; c) L’Arc-en-Ciel, dont le nom fut repris par la Branche Extension après la mort de Jacques Astruc en octobre 1959. Mais, auparavant, l’Arc-en-Ciel était le titre d’un regroupement d’anciens Chefs et Cheftaines SdF  , créé par Jacques Astruc, qui contribua considérablement à l’émergence et à la construction des professions d’éducateurs de l’enfance inadaptée (cas sociaux, délinquance, etc... tant en rééducation en établissements fermés qu’en prévention en milieu ouvert). Création d’un stage annuel de formation d’éducateurs, réuni d’abord à Marly-le-Roi puis à Jambville regroupant 60 à 80 personnes autour de responsables nationaux de la Justice, de la Médecine, de l’Action sociale et de professionnels de tout bord. Jacques Astruc collabora étroitement avec Henri Joubrel, de l’Equipe nationale des Eclaireurs de France, qui poursuivait de son côté des buts analogues. C’est de leurs actions que sont pratiquement nés tous les organismes professionnels et syndicaux des professions de la rééducation de l’enfance et de l’adolescence, après qu’ils aient réussi à faire fermer, dans l’immédiat après-guerre, les dernières « prisons d’enfants » (Mettray près de Tours, Belle-Ile, etc). Cet aspect du travail de Jacques Astruc a été poursuivi par Marc Ehrardt, Directeur d’Ecole régionale d’éducateurs, aujourd’hui décédé, et le Dr Victor Girard, neuro-psychiâtre. Dans les années 70, une équipe du CNRS a créé un centre documentaire et d’analyse de tout le travail réalisé dans le scoutisme pour la promotion qualitative et quantitative des professions de la rééducation. Le QG   des SdF   n’a pas poursuivi l’action de Jacques Astruc avec la même intensité, puis l’a laissé à la responsabilité de l’équipe qu’il avait réunie. C’est à partir de ce moment là, vers la fin des années 60 ou le début des années 70, que la Branche Extension a récupéré l’appelation « Arc-en-Ciel » : un symbole qui vaut bien autant pour les handicaps psycho-sociaux que pour les handicaps physiques !

    Après la mort de Jacques Astruc, l’activité sur Lourdes a été reprise au QG   par Xavier de Montecler, mais je ne pense pas qu’il en subsiste aujourd’hui grand chose, bien que le journal ronéotypé qui faisait le lien entre les membres, « le Foulard blanc » ait tenu le coup pendant quelques décennies.

    Je m’arrête là. J’ai réuni toute une documentation sur cette période. La transformerais-je un jour en un bouquin sur cette époque passionnante de transition entre l’avant-guerre et la guerre d’une part et, d’autre part, l’après-guerre qui se transformait alors en « trente glorieuses ». Une époque passionnnate parce que nous avions entre 20 et 30 ans, et malgré la guerre d’Algérie. Une époque qu’aucun d’entre nous, jusqu’ici, n’a entrepris de raconter vraiment de l’intérieur.

    En attendant, je me tiens à la disposition des camarades de tous âges qui souhaiteraient me poser des questions sur ces sujets et cette époque. Déjà, il y a quelques temps, j’avais donné quelques informations sur le Père Pierre-André Liégé, sur lequel le P. Gérard Reynal vient de sortir un bon livre. J’en parlais il y a encore deux jours avec Paul Rendu, passé me voir dans ma retraite bretonne, avec lequel nous évoquions ces années terribles de la crise de la Route sur la guerre d’Algérie, de la mort de Jean Muller et de la démission de l’équipe nationale Route.

    Que reposent en paix tous les camarades partis, avec nos rêves et nos illusions, mais aussi que perdurent nos convictions, notre désir d’aller plus loin dans l’espérance « sans attendre d’autre récommpense que celle de savoir ... » que nous créons tous les jours, tous ensemble, un autre monde !

    Michel Bloch-Lemoine

    ancien chef de troupe, ancien chef de clan Breuil de Lozère 1954

  • Scoutisme d’extension 25 juillet 2010 03:09, par memdouh

    bonjour,je suis membre du conseil bureau d’une nouvelle association de scouts adapte recement creer le 16/07/2010 a fes/maroc et nous souhaitons bien une aide pedagogique et des conseils sur ce domaine pour reuissir dans l’avenir d’integrer les handicaper au mouvement scoutisme avec ces ateliers...musique ..noeuds..et autres..
    merci d’avance de votre aide et votre soutien pour ces gens.

    abdelkrim MEMDOUH
    B.P nr 4042 poste ain kadous
    fes 30000/Maroc

    • Scoutisme d’extension 25 juillet 2010 11:14, par Jean-Jacques Gauthé

      Bonjour Abdelkrim,

      Le rôle du site Scoutunjour est de s’occuper de l’histoire et de la mémoire des Scouts et guides de France. Nous ne donnons pas d’informations pédagogiques, ce n’est pas notre rôle.
      N’hésites pas à contacter les associations de la Fédération nationale du scoutisme marocain qui ont certainement réfléchi à ce sujet.

      Bon courage pour le développement de ton projet

      Voir en ligne : Fédération nationale du scoutisme marocain

  • Scoutisme d’extension 12 décembre 2007 17:13, par Louis Giraud

    Je découvre aujourd’hui...eh oui, il n’est jamais trop tard,... ton article sur la Branche extension. Il serait peut-être intéressant de contacter Olivier Bajard, qui a été Commissaire National Arc-en-Ciel et Président de l’ANAE, et qui a peut-être des archives de son Père Robert. Par ailleurs, il y a en archives SDF   des articles de Jacques Astruc dans le Chef, donnant des infos sur la Branche Extension. Amicalement

  • > Scoutisme d’extension 17 avril 2004 19:51, par Jean-Jacques Gauthé

    Je viens de lire le tome 2 livre de Louis Bos sur l’histoire du scoutisme à Marseille évoqué sur ce site. Il est intéressant et j’en signale l’intérêt pour l’histoire de l’extension.

    On y apprend, p 167, que le 5 mai 1957 se créé à Marseille l’Association marseillaise des amis de l’extension (AMAE) sur le modèle de l’association nationale, l’ANAE. Une liste de noms de promoteurs est donnée mais non explicitée. J’y ai repéré Nicolas Boyadjis, le commissaire de province SDF   de la province Marseille-Méditerranée (p 95) et Mme Poinso-Chapuis. Il s’agit manifestement de Germaine Poinso-Chapuis (1901-1981), docteur en droit, militante démocrate chrétienne, résistante, élue députée en 1946 et première femme en France devenue ministre à part entière le 24 novembre 1947 dans le gouvernement de Robert Schuman. Elle fut ministre de la santé et joua un rôle considérable dans la protection de l’enfance, la lutte contre l’alcoolisme, l’insertion des handicapés. Elle est entre autres choses à l’origine du diplôme et du statut des éducateurs spécialisés. Voir l’article à son sujet avec photo dans Le Monde 2, 18-19 avril 2004, p 86. Son intérêt pour l’AMAE venait certainement du fait qu’elle était née à Marseille et qu’elle fut longtemps membre du conseil municipal de cette ville. Manifestement, les scouts de Marseille avaient su bien s’entourer pour créer l’AMAE !!

    Cet ouvrage donne, ce qui est peu courant, des renseignements précis sur l’activité et l’effectif des unités extension au plan local. En 1960, existent à Marseille la 46° meute de louveteaux paralysés fondée en 1953, la 46° troupe d’éclaireurs paralysés fondée en 1955, , la 71° meute de louveteaux aveugles, la 71° troupe d’éclaireurs aveugles et la 71° meute de louveteaux sourds. Il y a en 1961 100 scouts handicapés su Marseille (p 89). L’actuel groupe Arc en Ciel continue la tradition de cet actif scoutisme d’extension.

    • > Scoutisme d’extension 19 avril 2004 11:50, par Philippe Giron

      Il faut, je pense, que tu te mettes en relation avec Olivier Fantone, qui contribue aussi à ce site !

      Voir en ligne : Les Scouts de France à Marseille

      • > Scoutisme d’extension 30 avril 2004 12:51, par Philippe Giron

        L’as-tu contacté ?

        • > Scoutisme d’extension 30 avril 2004 23:21, par Jean-Jacques Gauthé

          Oui, je l’ai contacté. C’est grâce à Olivier que j’ai eu sur le site l’information de la parution du tome 2 de ce livre puis les indications pratiques pour l’acheter. Ce que je me suis empressé de faire !

          On pourrait d’ailleurs faire un de ces jours une présentation des historiques locaux des Scouts de France. Il en existe plusieurs dizaines, de la plaquette ronéotée au vrai livre comme celui de Marseille ou de la 1° Privas (2 volumes)

          • > Scoutisme d’extension 3 mai 2004 17:31, par Olivier Fantone

            Et oui, des les débuts de scoutunjour, j’ai fait le VRP ;-)

            Je suis content que tu ais pu l’avoir rapidement !

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0